TEST de NBA 2K21 (Xbox Series X) : Un simple aperçu du basket nouvelle génération ?

Après s’être tant teasé en version Next-Gen, NBA 2K21 est enfin sorti dans les bacs. Ou plutôt ressorti dans les bacs, puisqu’une version current-gen avait déjà fait parler d’elle il y a de cela quelques semaines. Critiquée pour son manque d’audace et de renouvellement, elle avait pour excuse d’accompagner un jeu et une version plus grande qu’elle et véritablement portée par 2K Sports et Visual Concepts.  Alors, est-ce que ce NBA 2K21 « nouvelle génération » fait-il vraiment honneur à son nouveau terrain de jeu ? Porte-t-il le basket virtuel dans une nouvelle ère ? 

On ne va pas se le cacher : la version de NBA 2K21 que le monde entier attendait, c’était bel et bien celle présentée il y a de cela plusieurs mois en vidéo et qui, en quelques secondes seulement, faisait la part belle à Zion Williamson, l’ailier fort des New Orleans Pelicans. Tout simplement parce qu’en quelques secondes, les images présentées, autant la sueur sur le visage que la modélisation de celui-ci, que la décomposition parfaite des gestes du basketteur avaient marqué les esprits. Tout simplement parce que 2K et Visual Concepts se voulaient clairs et offensifs sur leur communication : la Next-Gen, c’est ça.

Et force est de constater qu’une fois cette mouture nouvelle génération lancée, la promesse est tenue. Graphiquement, on n’aura pas de mal à dire qu’on est devant le plus beau jeu de l’histoire de la licence. NBA 2K a toujours été un gage de qualité sur le plan graphique et de modélisation au poil des légendes de la NBA, élément que n’avait pas du tout dénaturé la version current-gen, déjà, de l’opus 21. Mais ce dernier prend quand même une sacrée hauteur sur PS5 et Xbox Series X (console de ce test), avec une mise en scène renforcée par l’arrivée de nouvelles séquences, un graphisme somptueux, porté par un éventail de détails supplémentaires… et une maitrise de la lumière proche de la perfection. 

Une claque oui mais…

Cela étant, comme NBA 2K21 était déjà très, très beau sur current-gen, il ne met pas une claque totale et complète sur Next-Gen. Moins que lors du précédent changement de génération, par exemple. La faute à des expressions faciales un peu datées ici et là et une certaine rigidité, la même que par le passé finalement, dans les mouvements des joueurs et autres personnages rencontrés en cours de route, plus précisément dans leur gestuelle hors-basket et donc hors du cercle de jeu et du parquet. Dans les faits, il est un peu dommage de retrouver les mêmes scories sur next-gen que sur l’actuelle génération de consoles, là où on pouvait attendre un gap certain de la part des développeurs dans ce domaine. 

Alors oui, le public a gagné en humanité et réalisme. En présence aussi, avec des actions plus individualisés dans les gradins, comme le fait de quitter la salle en cas de défaite assurée avant la fin de la rencontre. L’ambiance des matches est incroyable, avec des salles au photoréalisme toujours plus impressionnant, sans oublier une sonorité on ne peut plus fidèle. Mais les deux éléments cités plus haut tendent à nous rappeler qu’on est bien en face d’un aperçu de la Next-Gen sur NBA 2K. Pas forcément et c’est logique, d’un rendu au niveau encore totalement maitrisé.

Une jouabilité de haut-niveau

Ce qui justifie le discours de 2K Sports autour de cette version, à savoir nous offrir la véritable expérience Next-Gen, c’est le rendu des matches et le contenu offert. Commençons par le premier : oubliez le système de visée critiquée et critiquable de la génération actuelle, qui avait notamment conduit Visual Concepts à patcher son jeu dare-dare. Dès les premières minutes, le résultat est saisissant : c’est fluide, on ne peut plus fluide d’ailleurs, avec des poids et des gabarits de joueurs que l’on sent, ressent, sans forcément les subir (moins d’inertie merci), et une jouabilité au poil, qui offre des sensations que l’on aurait aimé avoir d’emblée sur PS4 et Xbox One par exemple. Le shoot, tant décrié donc, est redevenu ici un véritable bonheur (surtout de choisir d’entrée quel type de shoot on veut utiliser), de même que les dribbles, qui ont bénéficié de quelques animations supplémentaires.

Les collisions ont été retravaillées, les joueurs sont et font moins lourds, surtout sur certaines portions du parquet (les lignes de sortie de terrain, hein, vous savez). Enfin, les manettes sont mises à l’honneur. Si les deux vibrent à l’unisson pour reproduire et marquer chaque rebond du ballon sur le sol (déroutant au début, agréable sur la durée, l’option est désactivable dans les menus), la palme est attribuée à la Dual Sense de Sony, avec son retour haptique parfaitement adapté au jeu et, surtout, aux fameuses gâchettes adaptatives, qui se durcissent au moment de tirer dès lors que votre joueur est fatigué ou dans les moments « clutch » de la rencontre.

Une Ville originale mais encore bien vide pour le moment

Place au contenu désormais. Une pensée pour les amoureux des modes My Ligue et My GM, qui ne verront pas encore cette année de refonte pure et dure pour leurs modes mais… une fusion puisque ces derniers sont désormais associés à My NBA, qui vous permet de constituer de A à Z votre propre expérience, en allant de la gestion de la Draft à la personnalisation de votre Ligue et aux fonctions que vous souhaitez occuper et déléguer. Pas de surprises (hélas ?) pour le célèbre mode MyTeam (hormis que les cartes acquises et débloquées sur current-gen seront conservés dans cette version, pas les VC par contre) ni  pour le mode My Career, qui reprend l’histoire pas forcément immersive que l’on nous a proposé sur l’actuelle génération.

Ce qui nous laisse penser qu’on n’a pas voulu (ou pas eu le temps) de s’attaquer au dossier du côté de Visual Concepts. Dommage, une Carrière bien distincte pour deux jeux qui se revendiquent comme tels aurait encore justifié cette appellation Next-Gen. Mais, à défaut d’avoir bousculé ce mode, c’est le reste qu’a approfondi les équipes de VC. Dorénavant, et c’est la grande nouveauté de cette version, le Quartier devient La Ville. Une cité un peu vide – peu de monde sur les serveurs au moment de notre test – , avec un passage obligatoire pour y accéder par Rookieville, sorte de quartier portuaire avec des playgrounds, sur lesquels vous devrez gagner votre statut de joueur pro pour tenter de conquérir la Ville. On déplore le fait de ne pas pouvoir se lancer avec des joueurs de son rang et uniquement de son rang dans cette partie du mode, où le grind est aussi soumis au bon vouloir de vos deux autres teammates…

Mais une fois en ville, le jeu démarre vraiment, avec un redécoupage des éléments connus par le passé : les boutiques de fringues sont multiples (à chaque marque son enseigne), le REC est toujours présent, le Pro-AM et le centre d’entraînement également… ainsi que des PNJ, qui vous mettront au défi lors de missions annexes, évidemment propres à obtenir de la monnaie virtuelle pour financer la progression de votre avatar. Des quêtes ? En voilà une bonne idée, et de quoi s’occuper et doper la durée de vie d’un mode qui ne manque ni d’atouts ni d’intérêt sur le papier. Au moment du test, nous n’avons pas pu éprouver la pertinence de l’idée sur la durée, mais sachez que les affiliations par quartier seront proposées, avec des maires à élire sur une durée déterminée. Autrement dit, plus votre quartier est puissant sur les playgrounds, plus votre progression et votre ranking seront importants. 

Un mode Carrière féminin sans scénario, un nouveau modèle économique à garder

Bref, qui dit nouvelle puissance, dit nouveau terrain de jeu et NBA 2K 21 s’offre avec cette Ville une surface d’expression plus importante… que l’on jugera dans le temps et pas seulement sur cette version, tant elle a été pensée pour constituer le futur communautaire de NBA 2K. L’autre nouveauté côté contenu est la mise en avant plus prononcée de la WNBA, la ligue féminine nord-américaine, avec le mode The W, qui propose de gérer sa propre joueuse dans l’une des 12 franchises de la compétition. Le mode est bourré de bonnes idées, comme la nécessité de gérer la progression de votre joueuse sur les parquets, mais aussi en-dehors et sur d’autres aspects de sa vie professionnelle, comme un statut de femmes d’affaires, de coach (future reconversion donc), d’égérie de mode ou encore d’influenceuse.

Aspects qui ont un enjeu car ils permettent d’obtenir des VC et de générer de l’économie pour, là aussi, assurer la progression de votre élément. On est loin du pay-to-win suggéré et imposé pour le pendant masculin du mode, qui n’a pas levé le pied sur Next-Gen, même si on peut noter la présence de nouveaux insignes, de nouveaux badges (et donc, la disparition de certains) mais surtout l’arrivée d’un TakeOver supplémentaire (autrement dit un principal et un secondaire) à définir pour son joueur, ainsi qu’un autre, cette fois collectif puisque dédié à l’équipe.

Ce qui manque surtout à The W, c’est un scénario. D’autant que 2K Sports et Visual Concepts ont fait de gros efforts pour développer un attrait pour le basket féminin. Cela aurait été encore plus marquant pour ce mode, avec une histoire à suivre. Là encore, on sent la première pierre posée pour ce concept. En attendant la suite. Une suite qui se veut plus que prometteuse pour une édition next-gen qui marque quand même le coup avec un graphisme très, très séduisant, une technique au poil (quel bonheur de jouer à NBA 2K en 60 fps), une bande-son d’ores et déjà record (150 titres, auxquels viennent se rajouter ceux déjà présents sur la current-gen), du contenu à polir pour l’avenir… Y a plus qu’à. En attendant, inutile de préciser que si vous êtes un amoureux de 2K ou désireux de vous lancer sur la franchise sur PS5 ou Xbox Series X|S, cet opus vous est chaudement recommandé.

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