La revue d’Anime : Hidan no Aria

JC Staff et moi, un amour vache

JC Staff est pour moi un des studios principaux actuels de la japanimation les plus étranges qu’il soit. Ils ont fait pas mal de bonnes séries par le passé (Nodame Cantabile, Honey & Clover par exemple), ils ont souvent de bons budgets, leur technique est assez sympathique et leurs animés sont assez « agréables » à regarder mais pourtant ces derniers temps, ils commencent à enchaîner des séries vraiment très moyennes pourtant adaptés de Light Novels à succès (et qui sont dans la grande majorité vraiment sympathiques à lire). C’est bien simple pour un grand nombre des séries de JC Staff de ces dernières années, on tombe quasiment systématiquement sur le schéma suivant :

– des Openings et des Endings qui tuent de la gueule (si vous me permettez l’expression). Ces séquences sont souvent très rythmées, les chansons bien choisies et l’animation est efficace. Là vous vous dites que ça y est, vous êtes tombés sur LA série de la saison, celle qui va vous scotcher toutes les semaines.

– des séries issues de Light Novels à succès souvent pas mauvais avec du potentiel. Après tout, vous vous dites que si l’histoire originale est bien, la série n’a que peu de chances de se planter.

– et pourtant à CHAQUE FOIS, on assiste à une explosion en vol de nos espoirs. Je ne sais pas comment ils font mais chez JC Staff, on maîtrise l’art et la manière de foirer les adaptations alors qu’à la base tous les ingrédients pour réaliser une bonne série sont là. Ces derniers temps, ces gens arrivent à vous transformer un bon LN ou manga en série médiocre et sont parfois réellement insipides… Ce ne sont pas des échecs abominables non plus mais on parvient rarement à dépasser le niveau « moyen ». Bref, on a souvent l’impression d’assister à un « gâchis », on se dit que la série aurait pu être bien meilleure et on n’arrive pas à s’expliquer POURQUOI on en est arrivés là.

Du coup ma relation avec ce studio est aussi spéciale. J’ai beau les connaître, j’ai beau enchaîner leurs séries moyennes ces deux dernières années avec à chaque fois des espoirs de voir enfin une bonne adaptation et pas de bol, je suis déçu à chaque fois.
Ca me rappelle un truc en fait :

Pour en revenir à la liste de mes animés soumise à mes collègues bloggeurs, les 3 nominés étaient donc :

– Toaru Majutsu no Index II / JC Staff (Hiver-Printemps 2011)

– Hidan no Aria / JC Staff (Printemps 2011)

– Kamisama no Memochou / JC Staff (Eté 2011)

Ces 3 séries, toutes les 3 diffusées pour la seule année 2011 sont l’exemple typique des séries « ratées » du studio qui se multiplient malheureusement un peu trop souvent ces derniers temps.

Les résultats ont été les suivants : 10 voix pour Hidan no Aria, 4 voix pour Index II, 1 voix pour Kamisama et 1 abstention.
Je prends donc acte de la volonté du peuple et assume l’entière responsabilité de mes actes puisque ce billet sera donc dédié à Hidan no Aria.

Bon je préviens d’avance que ça va spoiler mais de toutes façons, pour ce que ça spoile…

Bienvenue à la Butei Academy

L’univers de Hidan no Aria se déroule dans une sorte de Japon moderne dans lequel il existe des Académies Butei. Ces instituts accueillent des lycéens qui vont recevoir une formation spécifique et ainsi leur permettre d’être des Butei, c’est à dire des sortes d’agents spéciaux autorisés à porter des armes et à lutter contre une criminalité grandissante.

Le héros principal est Kinji Toyama, un étudiant à la Butei Academy de Tokyo, bien Il n’a pas forcément de très bonne notes et que sa scolarité dans l’académie commence à l’ennuyer.
Un jour, alors qu’il se rend à l’école pour y déposer sa lettre de « démission », il est attaqué en chemin par un mystérieux assassin surnommé le « Butei Killer » qui ne s’en prend qu’à des étudiants de l’Académie.


C’est à ce moment qu’il va faire la rencontre de Aria Holmes Kanzaki, une étudiante qui vient d’être transférée à Tokyo depuis la branche Européenne des Butei et qui va l’aider à s’en sortir.

A partir de ce moment, la vie de Kinji qui était bien morne va devenir bien plus agitée.

Après ce rapide synopsis somme toute assez classique pour un shônen, le scénario va bien entendu évoluer.

Accrochez-vous car c’est assez « concept » :

On va ainsi rapidement apprendre que Aria a sa mère qui est en prison. Et comme le système judiciaire dans ce Tokyo alternatif est aussi évolué que celui des Etats-Unis, à cause de la cumulativité des peines, celle-ci en a pris pour 862 ans. Moche… 
Bien évidemment, la mère d’Aria serait en réalité innocente et toutes les charges contre elle sont issues d’un immense complot. Aria a donc pour objectif de démonter un à un les chefs d’accusations en traquant à chaque fois le véritable coupable, le trainant devant la justice et ainsi alléger la peine et ce jusqu’à ce que sa mère soit totalement innocentée.


La cumulativité des peines. Sûrement un des trucs les plus pourris que l’on puisse piquer au système judiciaire américain 

Dans cette quête, Aria va donc entraîner Kinji avec elle. Car ce dernier, sous ses airs de Butei médiocre, dispose d’une capacité appelée Hysteria Mode. Cette capacité qui ne s’active que lorsqu’il atteint un certain degré « d’excitation » on va dire  ou lorsqu’il veut protéger une fille en danger, décuple ses capacités physiques, mentales et éveille ses sens. Pendant cet état secondaire, la personnalité de Kinji change également et il devient une sorte de beau gosse séducteur avec des traits qui en feraient presque le perso idéal pour un manga yaoi °°

Dis comme ça, ça a l’air pas trop mal non ?

En fait si je n’ai pas grand chose à reprocher à la trame initiale (à part son classicisme typique des Shônen). Hidan no Aria cumule malheureusement une multitude de défauts qui mis bout à bout plombent l’intérêt de la série dans certains cas et la rendent vraiment pathétique dans d’autres. 

Des personnages assez inégaux et très stéréotypés

Kinji Tōyama, on va donc commencer par le héros qui m’a un peu déçu. La démonstration de son Hysteria Mode apparaissant dès le début de la série et après une scène de sauvetage bien GAR, je dois avouer que je m’attendais vraiment à avoir un héros assez « utile » dès le début et pas un simple faire-valoir pour l’héroïne comme dans la plupart des autres séries de ce genre où le héros est juste un prétexte et est souvent bien un gros boulet (surtout au début). Malheureusement, si tout avait bien commencé, le personnage de Kinji retombe assez vite dans la platitude car le scénario ne le mettra finalement que peu en avant tout au long du reste de la série  Même si je n’aime pas trop son design « Sebastian-esque » en Hysteria Mode, son côté macho et séducteur était intéressant et je pense qu’il aurait mérité à être plus accentué. Mais comme l’Hysteria Mode n’est qu’un état temporaire et ne survenant qu’à certains moments précis, on est obligés de se taper la personnalité « normale » de Kinji la majorité du temps (même si il est quand même loin d’être un boulet il est vraiment trop « basique »), ce qui a assez peu d’intérêt 

Aria Holmes Kanzaki.
Bref je n’entrerai pas dans les détails mais soupe habituelle : elle a « choisi » Kinji pour être son partenaire dans sa quête pour innocenter sa mère, a bien sûr des sentiments pour lui mais ne le montre pas, gueule à tout va, est plate comme une planche à pain et est équipée d’un double Colt .45 M1911 et 2 Kodachis qu’elle planque dans son dos on ne sait trop comment.

 

 


Petite, plate, tsundere et Rie Kugimiya 

 

Shirayuki Hotogi. Ici aussi, personnage assez classique. Elle est une des meilleures Butei de l’académie, élève modèle, chef du conseil des élèves et bien sûr est folle amoureuse du héros mais contrairement à Aria, le montre bien  . A tel point qu’elle en devient plutôt envahissante et sa jalousie envers les autres filles qui approchent Kinji lui donnent un petit côté yandere.

Reki. On continue dans le catalogue habituel, après la tsundere, la yandere, on a maintenant la coodere. Le perso sans expression, qui ne parle jamais mais souvent doué. Egalement une des meilleures butei de l’académie, elle aurait été mercenaire depuis toute jeune et elle excelle en tant que sniper. Le truc le plus stylé avec Reki, c’est son casque Sennheiser et son SVD Dragunov soviétique (qui est sûrement un des fusils sniper les plus stylés qui puisse exister).

Riko Mine. Un fille très énergique spécialisée dans la récolte d’informations. Elle a tendance à se croire dans un Visual Novel et aime bien « chauffer » Kinji. Pourtant on apprendra assez vite qu’elle ne semble pas être ce qu’elle laisse paraître.

Niveau scénar c’est pas vraiment mieux…

Si les personnages de Hidan no Aria sont ultra classiques, on se dit que le déroulement du scénario aurait pu arranger les choses. Je dois avouer que j’ai vraiment craint de tomber à nouveau dans la « maladie » qu’a JC Staff avec plusieurs de ses séries issues de Light Novels (Shakugan no Shana saison 2 ou les Toaru (Index S1 et S2 et Railgun) en tête. Bon je n’ai pas lu le Light Novel de Aria mais pour les 2 séries précédentes, JC Staff a eu la fâcheuse tendance de modifier le déroulement original : adaptations parfois mal maîtrisées, mise en avant d’arcs totalement inutiles au détriment d’autres qui sont ensuite passés un peu trop rapidement ou qui arrivent trop tard. 
La principale conséquence est un rythme très haché avec des longueurs vraiment dommageables pendant lesquelles on se fait royalement « chier ». Heureusement pour Hidan no Aria, la série ne comporte que 12 épisodes là où Shana et les Toaru étaient en 24 pour chacune des saisons. Du coup, même si certains épisodes sont nazes (l’épisode 3 et son mauvais remake de Speed par exemple),

on n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer car mine de rien, il y a quand même pas mal d’action tout au long des épisodes.

Non, si il y a bien un truc à reprocher à Hidan no Aria, ce n’est pas son rythme mais le WTF de son scénario. Je ne sais pas si c’est moi qui suis devenu un gros aigri avec l’âge, mais je commence réellement à en avoir marre de certaines grosses ficelles utilisées maintes et maintes fois dans tous les Shônen de ce type  . La plupart du temps, le but est de montrer des scènes « spectaculaires » ou des trucs « stylés ». Mais lorsqu’on en abuse trop de façon pas subtile du tout et qu’on essaie en plus de se croire « sérieux », on en perd toute crédibilité.
Je sais très bien que les mangas, animés et compagnie n’ont pas pour but d’être forcément réalistes, mais même si on veut impressionner l’adolescent moyen, on peut quand même se trouver un chemin un tant soit peu original au lieu de foncer tête baissée en ligne droite la tête en avant avec ses gros sabots.

Du coup, en regardent Hidan no Aria, j’ai eu la méchante impression de me retrouver face aux films que l’on fait pour les gamins. Vous savez, ce genre de trucs. 
Retournements de situations ultra-téléphonés, scènes d’action bougeant bien mais à la mise en scène puérile

D’ailleurs voici une petite collection de perles qui si elles peuvent amuser prises unes à unes, m’ont quand même fait facepalmer plus d’une fois quand on en bouffe tout au long de la série.

Butei, it’s serious business ! (bon ça spoile en masse mais on s’en fout en fait)


Quand un assassin vous envoie une armée de Segways automatiques équipés d’Uzis pour vous éliminer, on sent que ça ne plaisante pas.
Je le savais que ces engins là étaient dangereux 

Si on passe sur la morale douteuse d’envoyer des adolescents dans des lycées pour apprendre à manier les armes à feu et devenir des « mercenaires », on notera que cela permet des choses bien pratiques comme :


Le seifuku/uniforme pare-balles  d’ailleurs à aucun moment dans cette scène, elles ne songeront à viser un truc aussi simple que la tête (à moins qu’elles aient carrément du fond de teint pare-balles également °°)

ou encore mieux :


Le seifuku pare-balles ET parachute 

 

Quand après la descendante de 4ème génération de Sherlock Holmes et d’Arsène Lupin, vous ajoutez en plus la descendante de 20ème génération de Jeanne d’Arc (non non vous ne rêvez pas) dans le bordel… 

 

Et que cette même Jeanne d’Arc 20ème qui a voulu vous supprimer rejoint votre école et devient votre alliée 2 épisodes plus tard 

Vous avez un problème avec un loup géant qui a attaqué votre école ? Pas de soucis, voilà comme un Butei Rank S règle le problème :



 

Sinon quand je parlais de fond de teint pare-balles, je ne rigolais à moitié, après 3-4 minutes (véridique) de séance de ravalement de façade :


Ressortez toujours aussi belle :

Et pour finir, je dois avouer que le combat final met en scène l’un des boss les plus risible que j’ai pu voir dans un animé  . Vlad (son petit prénom) est censé être une sorte de vampire surpuissant ne pouvant être battu que si ses points faibles sont touchés en même temps, d’ailleurs, Jeanne d’Arc va aider notre ami Kinji :


Hors quand vous voyez la vraie tronche du boss


qui d’ailleurs ne ressemble en rien à un vampire mais soit…

et ses TATOUAGES VISEZ-MOI !, on se dit quand même que la Jeanne là elle nous a un peu filé l’équivalent d’un protip

Conclusion

Bon si vous êtes arrivés jusqu’ici, vous devez clairement avoir compris que je trouve Hidan no Aria plutôt médiocre. La série peut se laisser suivre si vous n’avez pas d’autre chose à faire : elle a au final pas mal d’action, est plutôt jolie, il y a un peu de fan-service et de jolies filles, a un Opening bien foutu (et chanté par May’n en plus) et contrairement à d’autres foirages de JC Staff, son format de 12 épisodes fait qu’on ne se tape pas de longueurs interminables.

Mais voilà, elle est plombée à la fois par le classicisme absolu de ses personnages, de son scénario qui bien que basique au début, finit tiré par les cheveux et surtout par le ridicule d’un bon nombre de scènes. Ainsi, même si il y a pas mal d’action, une grande partie d’entre elle est vraiment d’un niveau très gamin  . Même en regardant de façon déconnectée sans prise de tête, ces scènes irriteront pas mal de personnes. De plus elle récupère la palme d’un des boss le plus mauvais qui puisse exister. 

Mais du coup même si j’ai pas mal tapé dessus, n’ayant pas lu les Light Novels originaux, je ne sais vraiment pas si on doit blâmer JC Staff pour cette adaptation ou si le récit original était si moyen.
De plus vu que le roman est toujours en cours de parution, je suppose qu’il y aura sûrement d’autres saisons plus tard. Et le pire c’est que je risque de regarder quand même malgré le fait que je serai averti (preuve donc que leur démarche fonctionne même si la qualité n’est pas forcément là).
On en revient donc à ma relation particulière avec certains animés de JC Staff : on sait que c’est moyen, on sait que ça ne va pas s’arranger et pourtant, comme un crétin, je continue de regarder